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Inside Gabon's Oil Reset: new rules, new players, new opportunities. Georges Nama, Esq., Kachikwu & Nama Law Firm

Au cœur de la refonte pétrolière du Gabon : nouvelles règles, nouveaux acteurs, nouvelles opportunités

Cofondateur et associé gérant, Kachikwu & Nama Law Firm · Houston, Texas

7 octobre 2026 · 12 min de lecture

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Traduction de l'article original publié en anglais. La version anglaise fait foi.

En bref

  • Production : environ 227 000 barils par jour en 2025 ; 222 000 b/j en juin 2026 et 207 000 b/j en juillet 2026, pour un objectif affiché de plus de 220 000 b/j.
  • Réserves : environ 2 milliards de barils de pétrole prouvés et environ 0,9 Tcf de gaz prouvés.
  • L'État monte au capital : Gabon Oil Company (GOC) a repris Assala (2024) et les actifs gabonais de Tullow (307 millions de dollars, juillet 2025), et produit désormais environ 57 000 b/j.
  • Les majors se positionnent : ExxonMobil, bp et Shell ont signé des protocoles d'accord pour l'offshore profond en octobre 2025 et en juin 2026. Aucun contrat de partage de production (CPP) n'a encore été signé.
  • Le droit évolue : le Code des hydrocarbures de 2019 reste applicable, mais un Code pétrolier et un Code gazier distincts ont été rédigés. La révision du Code minier a été lancée en juin 2026.
  • Les règles de change se durcissent : la CEMAC impose aux sociétés extractives de rapatrier 50 % de leurs devises à compter de janvier 2027, puis 70 % à compter de janvier 2028.
  • Le manganèse se transforme sur place : les exportations de manganèse brut doivent cesser le 1er janvier 2029.

Pourquoi le Gabon, pourquoi maintenant

J'ai commencé ma carrière à Libreville il y a plus de 20 ans, au Cabinet Issembé, alors conseil juridique du Gouvernement gabonais. Notre client, c'était l'État. Nous intervenions dans le pétrole et le gaz, ainsi que sur des opérations minières portant sur l'uranium et le manganèse. Assis de ce côté de la table, on apprend vite ce qu'un gouvernement ne cédera jamais, ce qu'il peut négocier, et pourquoi certaines négociations finissent tout simplement par s'enliser.

Je suis aujourd'hui le Gabon depuis Houston. Ce que j'observe, c'est un pays qui réécrit son histoire pétrolière. Une nouvelle équipe dirigeante est en place. La compagnie pétrolière nationale rachète des actifs qu'elle aurait, il y a quelques années encore, regardés partir. Un important appel d'offres offshore est ouvert, et le gouvernement parle de valeur locale bien plus qu'auparavant. Les investisseurs américains sont de nouveau les bienvenus. Les conditions, en revanche, ont changé.

J'ai donc rédigé cet article pour deux types de lecteurs avec lesquels j'échange en permanence : les dirigeants qui veulent un état des lieux avant un premier déplacement à Libreville, et les juristes qui ont besoin d'un point de départ. Il couvre les acteurs, le droit, l'argent et, peut-être surtout, la manière de travailler avec l'État.

Vue d'ensemble

Le Gabon est un producteur mature qui cherche à enrayer un lent déclin. La production s'est maintenue autour de 223 000 b/j en 2023 et 2024 et a atteint en moyenne environ 227 000 b/j en 2025 (Energy Institute via YCharts ; Ecofin). Les chiffres gabonais diffèrent : ils font état d'une baisse de près de 3 % de la production en 2025, à environ 11,2 millions de tonnes (Gabonmediatime). La production mensuelle s'est établie à 222 000 b/j en juin 2026 et à 207 000 b/j en juillet (Trading Economics). L'objectif affiché par le gouvernement est de plus de 220 000 b/j (African Energy Week). Les réserves prouvées s'élèvent à environ 2 milliards de barils de pétrole et 0,9 Tcf de gaz (Worldometer, pétrole ; gaz).

Le pétrole reste le principal pourvoyeur de recettes. Le brut représentait 67 % des exportations en 2023 et en moyenne 38,4 % du PIB sur la période 2019–2023 (Ecofin). Le Gabon est membre de l'OPEP et soumis à des quotas de production (S&P Global).

La refondation politique est achevée.

  • Novembre 2024 : les électeurs ont approuvé une nouvelle Constitution à 91,6 % (régime présidentiel, mandat de sept ans renouvelable une fois) (International IDEA).
  • Avril 2025 : Brice Clotaire Oligui Nguema a remporté l'élection présidentielle avec, selon les résultats provisoires, 90,35 % des voix (Ecofin).
  • Janvier 2026 : Clotaire Kondja, ancien dirigeant de VAALCO Gabon, est devenu ministre du Pétrole et du Gaz (Agence Ecofin).

Les finances publiques sont tendues. Une visite des services du FMI en septembre 2026 s'est achevée sans accord sur un programme ; les discussions, qui portent notamment sur un audit de la dette publique, se poursuivent (FMI). Pour les investisseurs, je suggérerais d'y lire le signe d'un gouvernement en quête de nouvelle production et de nouvelles recettes, et attentif à chaque dollar qui quitte le pays.

Qui est qui

Le changement le plus important, à mes yeux, est que l'État produit désormais lui-même du pétrole. Sous la direction de Marcellin Simba Ngabi, nommé directeur général en octobre 2023 (Gabonmediatime), Gabon Oil Company s'est hissée au premier rang à coups d'acquisitions :

  • Assala Energy (juin 2024). GOC a exercé son droit de préemption sur l'opération de Maurel & Prom et racheté Assala à Carlyle, avec un financement de Gunvor. S&P Global a évalué la transaction à 1,3 milliard de dollars (S&P Global). L'opération comprenait des permis onshore, des oléoducs et le terminal d'exportation de Gamba.
  • Tullow Oil Gabon (juillet 2025). GOC l'a rachetée pour 307 millions de dollars, mettant fin à 21 ans de présence de Tullow au Gabon (Tullow). L'acquisition portait sur environ 36 millions de barils de réserves 2P (OGJ).
  • Anciens champs d'Addax : Tsiengui et Obangué ont été repris à Addax, filiale de Sinopec, avec un contrat signé en octobre 2025 (Ecomatin).

Les actifs de Tullow ont ajouté environ 10 000 b/j (S&P Global). GOC-Assala produit désormais environ 57 000 b/j, contre environ 45 000 b/j au moment du rachat d'Assala (Gabonmediatime, septembre 2026).

SociétéSiègePrincipaux actifs au GabonDernière production documentée
PerencoFranco-britanniqueChamps offshore et onshore, terminal du Cap Lopez, GPL de Batanga, GNL du Cap LopezEnviron 100 000 b/j (Afrique XXI), soit près de 40 % de la production nationale (Investigate Europe)
GOC / AssalaLibrevillePermis d'Assala, terminal de Gamba, anciens intérêts de Tullow et d'AddaxEnviron 57 000 b/j (septembre 2026)
BW EnergyOsloDussafu (73,5 %) : Hibiscus, Ruche, MaBoMoEnviron 19 300 b/j nets (T2 2026)
TotalEnergies EP GabonPort-GentilAnguille, Torpille16 000 b/j (2025)
Maurel & PromParisEzanga (80 %), gaz d'Etekamba13 896 b/j nets (S1 2026)
VAALCOHoustonEtame Marin, y compris Ebouri9 353 bep/j en participation directe (T2 2026)
ReconAfricaCanadaBloc Ngulu (1 214 km²), avec GOCExploration ; première phase d'environ 19 millions de dollars

Les majors reviennent. ExxonMobil (22 octobre 2025) et bp (29 octobre 2025) ont signé des protocoles d'accord portant sur des blocs en offshore profond. Shell a suivi en juin 2026, une dizaine d'années après son départ. Aucune n'avait signé de CPP en octobre 2026 (Ecofin ; Sikafinance).

Cinq strates juridiques encadrent toute opération au Gabon : le Code des hydrocarbures, le Code minier, la fiscalité gabonaise, le droit des affaires OHADA et la réglementation des changes CEMAC.

1. Hydrocarbures : loi n° 002/2019 du 16 juillet 2019 (texte officiel). Ses principales caractéristiques :

  • Types de contrats : contrats de services, contrats d'évaluation technique, contrats d'exploration et de partage de production, contrats d'exploitation et de partage de production, et conventions d'exploitation pour les champs marginaux et matures (art. 39).
  • Participation de l'État : selon les commentateurs, la participation de l'État dans les contrats est de 10 %, contre 20 % sous le Code de 2014 (Norton Rose Fulbright). L'État peut en outre prendre jusqu'à 10 % du capital d'un opérateur (art. 5).
  • Impôt en nature : l'impôt sur les sociétés est acquitté au moyen de la part de production revenant à l'État (art. 194).
  • Approvisionnement du marché intérieur : les producteurs doivent vendre un quota annuel de brut au prix officiel diminué de 15 % (art. 109–110).
  • Gaz : le gaz non commercial demeure la propriété de l'État (art. 124), et le torchage est interdit sauf autorisation (art. 125).
  • Contenu local : des obligations d'emploi local et d'approvisionnement préférentiel s'appliquent, avec une majoration de coûts admise pour les biens et services gabonais (art. 163–166).
  • Abandon : un fonds de réhabilitation est obligatoire ; il est logé à la BEAC ou dans une banque gabonaise et protégé contre toute saisie (art. 175–176).
  • Stabilité : les commentateurs relèvent l'absence de clause de stabilisation expresse (Afrimag).

Les codes antérieurs de 1962, 1975 et 2014 régissent encore certains contrats en vigueur (ITIE).

Ce qui se prépare : fin 2025, le gouvernement a annoncé un Code pétrolier et un Code gazier distincts destinés à remplacer le Code de 2019. Parmi les dispositions évoquées figurent la suppression du bonus de signature avant la phase d'exploration et des conditions fiscales propres à chaque zone pour l'offshore profond (Agence Ecofin ; Le Corporate). En octobre 2026, je n'ai trouvé aucune confirmation de leur adoption ; je recommanderais donc de négocier sous l'empire du Code de 2019 tout en suivant de près les projets de textes.

2. Mines : loi n° 037/2018 (Journal officiel). L'État détient une participation gratuite et non diluable de 10 % dans les sociétés minières, assortie d'une participation optionnelle à titre onéreux pouvant aller jusqu'à 25 % (art. 7). Les recettes de redevances sont partagées : 75 % pour l'État, 20 % pour les communautés locales, 5 % pour un fonds sectoriel (art. 57). Une révision du Code a été lancée en juin 2026 (Gabonreview).

3. Droit des affaires OHADA. Le Gabon est l'un des 17 États membres de l'OHADA. Ses Actes uniformes régissent les sociétés (2014), le droit commercial et les sûretés (2010), les procédures collectives (2015), ainsi que l'arbitrage et la médiation (2017) (OHADA). Les litiges peuvent être soumis à l'arbitrage de la CCJA à Abidjan (GAR).

4. Réglementation des changes CEMAC. C'est le sujet dont les compagnies pétrolières parlent le plus :

  • La règle de base est le Règlement n° 02/18/CEMAC/UMAC/CM, en vigueur depuis mars 2019. Il impose le rapatriement des recettes d'exportation dans un délai de 150 jours et encadre strictement les comptes en devises (BEAC).
  • Les sociétés extractives bénéficient d'un régime spécial depuis 2021, avec un taux de rapatriement minimal de 35 % (Herbert Smith Freehills).
  • Le taux augmente à 50 % au 1er janvier 2027 et à 70 % au 1er janvier 2028, en application de l'Instruction BEAC n° 001/GR/2026 (Droit Médias Finance).
  • Fonds d'abandon : en avril 2026, la BEAC est passée à des accords bilatéraux entre chaque État et ses sociétés, et le Gabon a été le premier à en conclure (Sikafinance).

Fiscalité et conditions fiscales

La part de l'État gabonais dans l'amont pétrolier est fixée dans le contrat de partage de production (CPP) plus que dans le droit fiscal commun. Le Code des hydrocarbures de 2019 (loi 002/2019) a fixé des fourchettes, et non des chiffres arrêtés : c'est donc le contrat que vous signez qui fait foi. Les chiffres ci-dessous sont les fourchettes le plus souvent citées. Lorsqu'un chiffre provient de commentaires plutôt que du texte officiel, il est signalé.

ÉlémentPétroleGazObservations
Redevance7–15 % en conventionnel ; 5–12 % en offshore profond5–10 % en conventionnel ; 2–8 % en offshore profondChamps marginaux négociés au cas par cas (art. 104)
Plafond de récupération des coûtsJusqu'à 70 % en conventionnel ; 75 % en profondJusqu'à 80 % en conventionnel ; 90 % en profondSelon les commentateurs (afrimag)
Part de l'État dans le profit oil45 % en conventionnel ; 40 % en profond25 % en conventionnel ; 20 % en profondLes commentateurs divergent sur la question de savoir s'il s'agit de planchers ou de plafonds. Vérifiez le texte officiel.
Participation de l'État10 % portés (contre 20 % auparavant)IdemL'État peut en outre prendre jusqu'à 10 % du capital d'un opérateur (art. 5)
Impôt sur les sociétésAcquitté en nature via le profit oil dans le cadre des CPP (art. 194)IdemHors CPP : taux normal de 30 %, 35 % pour les sociétés pétrolières et minières ; impôt minimum de 1 %
Obligation d'approvisionnement du marché intérieurBrut vendu localement au prix officiel diminué de 15 %—Art. 109–110 du Code
Autres prélèvementsDroit d'enregistrement de 3 % (art. 196)IdemSelon le Code

Sources : fourchettes de redevance, de récupération des coûts, de profit oil et de participation de l'État issues d'afrimag ; numéros d'articles issus du texte officiel ; taux d'impôt sur les sociétés issus de PwC.

Les impôts de droit commun qui pèsent encore. La retenue à la source sur les services et les dividendes versés à l'étranger est en principe de 25 %, sauf réduction prévue par une convention fiscale (PwC). La TVA est de 18 % (PwC). Les contractants pétroliers bénéficient généralement d'exonérations de TVA et de droits de douane pendant les phases d'exploration et de développement. Je conseillerais de lire de très près la clause d'exonération de votre propre contrat.

Mines. En vertu de la loi minière 037/2018, l'État détient une participation gratuite de 10 % dans les sociétés minières et peut acquérir jusqu'à 25 % supplémentaires (Journal officiel). Les sociétés minières sont soumises à l'impôt sur les sociétés au taux de 35 % (PwC).

Faire sortir les fonds. Le Gabon appartient à la zone monétaire CEMAC : la réglementation des changes relève donc de la banque centrale régionale (BEAC), et non de Libreville. Les sociétés extractives doivent rapatrier sur place une part croissante de leurs recettes d'exportation : 35 % aujourd'hui, puis 50 % en 2027 et 70 % en 2028 (Droit Médias Finance). Les fonds de restauration relèvent désormais d'accords bilatéraux entre l'État et chaque société (Sikafinance). Je recommanderais d'intégrer ces deux paramètres à votre modèle de trésorerie dès le premier jour.

En résumé : le Code vous donne des fourchettes, votre contrat vous donne les chiffres, et la BEAC décide de la vitesse à laquelle vos dollars circulent. Je reviendrais toujours au texte officiel publié au Journal officiel et au CPP lui-même. Et gardez un œil sur les nouveaux Codes pétrolier et gazier, car plusieurs de ces chiffres pourraient changer.

Traiter avec l'État

Les nouveaux venus parlent souvent du « gouvernement » comme s'il s'agissait d'un guichet unique. En pratique, il s'agit de plusieurs services, chacun avec son propre stylo et son propre calendrier. Je suggérerais d'identifier très tôt qui signe réellement quoi. Cela peut vous faire gagner des mois.

Qui fait quoi

  • Ministère du Pétrole et du Gaz (ministre Clotaire Kondja) : politique sectorielle, négociation des contrats et approbation finale des CPP.
  • Direction générale des hydrocarbures (DGH) : attribution des permis, contrôle technique, programmes de travaux et déclarations de production.
  • Direction générale des mines et de la géologie (DGMG) : titres et permis miniers.
  • Impôts (DGI) et Douanes (DGDDI) : les administrations auxquelles vous aurez affaire pour les contrôles, les exonérations et les importations d'équipements.
  • Gabon Oil Company (GOC) : la compagnie pétrolière nationale. Elle porte la participation de l'État dans les contrats pétroliers (art. 34) et, depuis le rachat d'Assala, est également opérateur à part entière.
  • Société Équatoriale des Mines (SEM) : détient les participations minières de l'État.
  • Fonds gabonais d'investissements stratégiques (FGIS) : alimenté par l'intermédiaire du fonds souverain (FSRG), qui reçoit 25 % des provisions PID/PIH que les opérateurs pétroliers constituent au titre des investissements diversifiés et des investissements dans les hydrocarbures (Gabonreview).

Contenu local. Le Code de 2019 impose aux opérateurs de privilégier les entreprises, le personnel et la formation gabonais (art. 163–167). Selon les commentateurs, les manquements dans l'amont sont passibles d'amendes de 10 millions à 500 millions de FCFA (afrimag). En décembre 2024, le gouvernement a créé des directions générales distinctes pour l'amont et l'aval afin de renforcer le contrôle (Gabonreview). Je conseillerais de faire d'un véritable plan de contenu local un élément central de votre offre, plutôt qu'une page en annexe.

Transparence. Le Gabon a réintégré l'Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) en octobre 2021. Sa validation de mars 2025 a conclu à des progrès « modérés » (73,5 points) (ITIE). Je partirais du principe que chaque paiement que vous effectuez à l'État finira par être publié.

Change. La BEAC signe désormais des accords bilatéraux de restauration et de rapatriement avec chaque pays, et le Gabon a été le premier. Assala a transféré 170 millions de dollars (environ 102 milliards de FCFA), première tranche d'une enveloppe de 270 millions de dollars (Ecomatin). Je recommanderais d'associer votre équipe de trésorerie très tôt aux discussions, et non après la signature.

Ce que j'ai appris du côté de l'État. Au Cabinet Issembé, nous avons fait face à de nombreux investisseurs. Ceux qui réussissaient avaient généralement quelques points en commun.

  1. Ils arrivaient avec quelque chose dont l'État avait besoin. Une proposition concrète sur l'emploi local, le gaz pour la production d'électricité ou la formation faisait avancer un dossier plus vite que n'importe quelle lettre sollicitant une faveur.
  2. Ils respectaient les procédures et les personnes. Les réunions s'ouvrent par le protocole, et cela compte. Écrire en français et prendre le temps de gagner la confiance des équipes techniques de la DGH pesaient souvent autant que la rencontre avec le ministre.
  3. Ils obtenaient tout par écrit. Stabilisation, règlement des différends (CCJA de l'OHADA à Abidjan ou arbitrage international), exonérations fiscales, droits en matière de change : si cela n'a été dit qu'en réunion, partez du principe que cela n'a jamais été dit. Les ministres passent. Le contrat signé reste dans le tiroir.
Les ministres passent. Le contrat signé reste dans le tiroir.

Perspectives

Une vaste campagne d'attribution offshore. La campagne 2026 du Gabon met en jeu environ 70 % de son domaine offshore. Quelque 72 % du bassin en eaux profondes reste inexploré, et les bonus de signature ont été supprimés pour les blocs en offshore profond. Les seuls blocs BC-9 et BCD-10 contiendraient environ 1,4 milliard de barils de ressources récupérables (African Energy Week, 5 août 2026). Fin septembre 2026, TGS a signé un partenariat de données de dix ans assorti de droits exclusifs sur une grande partie de l'offshore profond (Energynews). Aucune date limite officielle de dépôt des offres n'avait été publiée au moment de la rédaction. Si l'offshore profond vous intéresse, je suggérerais d'engager dès maintenant la discussion sur l'accès aux données plutôt que d'attendre une échéance.

Le Gabon sur la scène internationale. Le ministère gabonais du Pétrole et du Gaz est partenaire Diamond de l'African Energy Week 2026, qui se tient au Cap du 12 au 16 octobre (African Energy Week), et le ministre Clotaire Kondja doit y intervenir sur les opportunités offshore et les projets gaziers (African Energy Week). C'est un signal clair : Libreville veut des investisseurs autour de la table. Si vous vous rendez au Cap, je recommanderais de solliciter un rendez-vous avec la délégation gabonaise ; dans le cas contraire, je suggérerais de suivre de près les annonces qu'y fera le ministre.

Les projets qui avancent

  • Grand N'Gongui : déclaré commercial le 13 février 2026. Assala opère ce champ onshore, dont la production attendue est d'environ 10 000 b/j (Ecofin).
  • BW Energy : premier pétrole de la phase 2 de MaBoMo attendu début 2027 ; Bourdon visé pour le T1 2028 (BW Energy).
  • Maurel & Prom : le puits gazier Mouletsi-2 a été testé à environ 25 MMcf/j début 2026, avec une mise en production visée d'ici fin 2026 (Maurel & Prom).

Le gaz au service de l'électricité. Si je devais retenir un seul thème pour les cinq prochaines années, ce serait le gaz. Perenco construit au Cap Lopez une unité flottante de GNL de 0,7 Mtpa, attendue en 2027 (GEM) ; l'ancien méthanier LNG Bayelsa était en cours de conversion en unité de stockage en août 2026 (PGJ). En avril 2026, le ministre a fixé l'objectif d'un gazoduc Gamba–Libreville de 130 à 150 km d'ici 24 mois (Invest Africa Energy). Une centrale à gaz de 220 à 225 MW à Owendo dispose de 130 milliards de FCFA d'Afreximbank et vise 2028 (Ecomatin ; Ecofin). Dans l'intervalle, Libreville dépend encore de plus de 150 MW fournis par Karpowership ; la société d'électricité a levé 30 milliards de FCFA en avril 2026 pour apurer ses arriérés (Ecomatin). Quiconque a subi une coupure de courant à Libreville comprend l'urgence, et cette urgence constitue une opportunité pour les investisseurs.

Manganèse et transformation locale. Le Gabon a produit environ 9,1 millions de tonnes de manganèse en 2025, en baisse de 2,5 % (Financial Afrik). En juillet 2026, Eramet a signé un protocole d'accord visant à transformer jusqu'à 700 000 tonnes par an au Gabon d'ici fin 2031 (Mining Weekly). Les exportations de minerai brut sont interdites à compter du 1er janvier 2029 (Gabonmediatime). La SEM a un nouveau directeur général depuis septembre 2026 (Gabonreview), et le nouveau dirigeant de la Comilog prend ses fonctions le 1er janvier 2027 (Gabonmediatime).

De nouvelles lois en préparation. Les nouveaux Codes pétrolier et gazier restent, à ma connaissance, à l'état de projets. Je conseillerais de surveiller le Journal officiel : c'est là qu'ils apparaîtront en premier.

La place des entreprises américaines. Les débouchés les plus nets se situent selon moi dans les services sismiques et sous-marins, le gas-to-power, les indépendants de taille moyenne (VAALCO, société basée à Houston, y est déjà présente), les équipements miniers et la transformation. Les financements de la DFC et de l'EXIM peuvent aider à combler l'écart. Mon conseil est simple : arrivez tôt, choisissez soigneusement votre partenaire local et consacrez un vrai temps au contrat.

Liste de contrôle pour les investisseurs américains

Si vous êtes un investisseur américain qui s'intéresse au Gabon, voici ce que je recommanderais :

  1. Lisez le Code, puis le contrat. La loi 002/2019 fixe des fourchettes ; votre CPP fixe les chiffres. Suivez les nouveaux Codes pétrolier et gazier.
  2. Modélisez la part totale de l'État : redevance, plafond du cost oil, partage du profit oil, participation portée de 10 % et éventuelle participation de l'État au capital de l'opérateur.
  3. Anticipez la réglementation des changes CEMAC. Le taux de rapatriement passe à 70 % d'ici 2028. Convenez tôt des modalités avec la BEAC.
  4. Structurez-vous dans le cadre OHADA. Choisissez la bonne forme sociale et arrêtez le mode de règlement des différends : CCJA ou arbitrage international.
  5. Élaborez un véritable plan de contenu local : fournisseurs, personnel et formation gabonais.
  6. Cartographiez l'État : ministère, DGH ou DGMG, DGI, GOC ou SEM. Sachez qui tient le stylo.
  7. Obtenez la stabilisation et les exonérations par écrit.
  8. Attendez-vous à la transparence. Les paiements sont publiés dans le cadre de l'ITIE.
  9. Travaillez en français, et entourez-vous d'un partenaire local de confiance.
  10. Positionnez-vous tôt sur la campagne offshore 2026 et sur les projets gas-to-power.

Le Gabon m'a mis le pied à l'étrier, et l'issue de ce nouveau chapitre me tient toujours très à cœur. Si vous vous intéressez au pays, que ce soit pour le pétrole, le gaz ou les minerais, je serai toujours heureux d'en discuter.

À propos de l'auteur

Georges Nama, Esq. est cofondateur et associé gérant de Kachikwu & Nama Law Firm (KNLF) à The Woodlands, au Texas. Avocat spécialisé en pétrole et gaz et en opérations transfrontalières, il est membre du State Bar of Texas et travaille en anglais, en français et en espagnol. Il a débuté sa carrière à Libreville au Cabinet Issembé, conseil juridique du Gouvernement gabonais, et a depuis mené des négociations contractuelles français–anglais pour une société de services pétroliers opérant au Gabon. Il siège dans trois comités de contrats types de l'AIEN : Host Government Agreement, Incorporated Joint Venture Agreement et Gas Sales Agreement. Il est titulaire d'un master en droit des affaires internationales de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar et a étudié au University of Houston Law Center.

Kachikwu & Nama Law Firm conseille les entreprises et les investisseurs sur les questions d'affaires aux États-Unis et sur les opérations Afrique–États-Unis : accords énergétiques, transactions transfrontalières, contrats, structuration de sociétés, immobilier commercial et immigration liée à l'investissement. Georges a cofondé le cabinet en mai 2025 avec le Dr Emmanuel Ibe Kachikwu, ancien ministre d'État nigérian chargé des Ressources pétrolières, ancien président de l'OPEP et ancien directeur général du groupe NNPC.

Contact : georges.nama@kn-laws.com · www.kn-laws.com

Cet article est fourni à titre d'information générale et ne constitue pas un conseil juridique ou fiscal. Les chiffres proviennent de sources publiques et sont susceptibles d'évoluer ; certains sont tirés de commentaires plutôt que de textes officiels, comme indiqué. Vérifiez le Journal officiel et votre propre contrat, et faites-vous conseiller sur votre situation particulière.

Sources

Vous étudiez le Gabon ou une autre opération Afrique–États-Unis ? Parlons-en avant de signer.

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